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Tests d'alcoolémie alternatifs : Salive, EAD et Prise de sang

Publié le 21/12/2025 (Mis à jour le 15/02/2026)

Au-delà de l'éthylotest classique, découvrez les autres méthodes de dépistage de l'alcoolémie et le cadre légal de l'EAD (Éthylotest Anti-Démarrage).

Si le "ballon" reste l'image d'Épinal du contrôle routier, les méthodes de détection de l'alcool ont considérablement évolué. Aujourd'hui, les autorités, les entreprises et la justice disposent d'un arsenal technologique varié pour mesurer l'imprégnation alcoolique. Du test salivaire rapide à l'Éthylotest Anti-Démarrage (EAD), chaque outil répond à un besoin spécifique et possède son propre cadre légal qu'il convient de maîtriser.

Le test d'alcoolémie salivaire : l'essor du dépistage rapide

Utilisé depuis longtemps pour les stupéfiants, le test salivaire pour l'alcool gagne du terrain. L'éthanol diffuse très rapidement dans la salive, offrant un taux quasiment identique à celui du sang (ratio de 1:1).

L'avantage majeur de ce test est sa simplicité : un simple tampon dans la bouche suffit pour obtenir une réaction colorimétrique en moins de deux minutes. S'il n'est pas encore la norme lors des contrôles de gendarmerie (qui préfèrent l'air expiré), il est massivement utilisé en médecine du travail. Un employeur peut, sous certaines conditions strictes inscrites au règlement intérieur, soumettre un salarié à un test alcool salivaire s'il occupe un poste à risque.

L'Éthylotest Anti-Démarrage (EAD) : la technologie au service du permis

L'EAD est une petite révolution dans le code de la route. Il s'agit d'un éthylomètre relié au circuit d'allumage du véhicule. Pour démarrer, le conducteur doit souffler : si le taux dépasse 0,1 mg/l d'air expiré (0,2 g/l de sang), le moteur reste bloqué.

Aujourd'hui, l'EAD peut être imposé de deux manières :

  • Alternative à la suspension : Le Préfet peut autoriser un conducteur à garder son permis à condition qu'il ne conduise qu'un véhicule équipé d'un EAD (pour une durée de 6 mois à 1 an).
  • Sanction judiciaire : Le juge peut obliger un condamné pour délit d'alcoolémie à utiliser ce dispositif pendant plusieurs années.

Bien que coûteux (environ 1 300 € à l'achat ou 100 €/mois en location), l'EAD est souvent la seule solution pour les professionnels qui ne peuvent se permettre de perdre leur mobilité.

La prise de sang : la "reine des preuves"

Malgré la précision des éthylomètres électroniques, l'analyse de sang reste la référence absolue devant les tribunaux. Elle est obligatoire dans plusieurs cas :

  • En cas d'accident corporel (blessés ou décès).
  • Si le conducteur est dans l'incapacité physique de souffler (blessure, asthme sévère).
  • Si le conducteur conteste le résultat de l'éthylomètre de la police.

L'analyse sanguine mesure directement la concentration d'éthanol dans le plasma. Elle permet également de détecter d'autres marqueurs (comme les Gamma GT ou le VGM) qui peuvent indiquer au juge si l'alcoolémie était ponctuelle ou si elle s'inscrit dans une consommation chronique habituelle.

Le saviez-vous ?

Si vous contestez un résultat d'éthylomètre et demandez une prise de sang, sachez que le délai entre le contrôle et le prélèvement peut jouer en votre défaveur si vous étiez en phase de montée d'alcoolémie (dernier verre récent). À l'inverse, si vous étiez en phase descendante, le taux sanguin sera plus bas que le taux initialement soufflé.

L'éthylotest en ligne : un outil de prévention indispensable

Avant d'en arriver aux tests officiels, l'éthylotest en ligne s'impose comme la première barrière de sécurité. En utilisant des algorithmes basés sur la formule de Widmark (poids, sexe, nombre de verres, temps écoulé), ces outils permettent d'estimer son taux avec une précision suffisante pour prendre la décision de ne pas conduire.

L'avantage d'un simulateur digital est qu'il ne se contente pas de donner un chiffre instantané : il projette votre heure de retour à la sobriété. C'est l'outil parfait pour anticiper les départs après un déjeuner d'affaires ou une soirée entre amis, évitant ainsi de se retrouver face à un éthylomètre de gendarmerie avec une mauvaise surprise.

Conclusion : Mieux vaut prévenir que mesurer

Quelle que soit la méthode de test, le résultat final dépend d'un seul facteur : votre consommation. Les technologies de dépistage sont de plus en plus infaillibles. La meilleure stratégie reste l'auto-évaluation régulière. En connaissant votre tolérance et en simulant vos taux, vous gardez le contrôle sur votre sécurité et sur votre permis de conduire.

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